Qui a découvert la grotte du Pech Merle ? 1922, trois adolescents et un curé

Ce qu’on connaissait avant 1922
Le Pech Merle n’était pas une inconnue. Les gens de Cabrerets savaient qu’il y avait des cavités sous la colline, et des parties supérieures étaient parcourues. Ce qui manquait, c’était le passage vers les grandes galeries ornées, bouché par des éboulis et des concrétions. Un adulte ne s’y glissait pas. Des enfants, si.
Les trois découvreurs
André David avait seize ans, Henri Dutertre quinze, Marthe David, la sœur d’André, treize. L’abbé Lemozi, qui fouillait déjà des sites préhistoriques du causse, leur avait parlé de ce qu’il fallait chercher. En 1922, ils franchissent l’étroiture, rampent dans l’argile et débouchent dans des salles où personne n’était entré depuis des millénaires. Ils reviennent chercher le curé. Le film d’introduction, projeté avant chaque visite, raconte cet épisode avec des images d’archives ; il a vieilli, mais c’est là qu’on comprend l’échelle de ce qu’ils ont trouvé.
L’abbé Lemozi
Amédée Lemozi était curé de Cabrerets et préhistorien par passion, à une époque où la discipline se construisait. Il relève, décrit, correspond avec l’abbé Breuil, qui viendra voir les parois et parlera de « la chapelle Sixtine du Quercy ». En 1929, Lemozi publie La grotte-temple du Pech-Merle, la première monographie. Le musée du Centre de préhistoire porte son nom et expose une partie de ce qu’il a rassemblé sur le Quercy, de Néandertal aux Gaulois.
1923, 1926 : aménager sans abîmer
Dès 1923, un escalier est creusé près de l’entrée préhistorique. L’ouverture au public en 1926 passe par un puits artificiel, pour ne pas élargir le passage d’origine. Ce choix explique le parcours actuel : on descend par un escalier, puis on suit 1 200 m de galeries larges et hautes, et les zones fragiles restent à distance. Le détail du parcours est dans que voir dans la grotte.
1949 : la galerie du Combel
André David n’a jamais vraiment arrêté. En 1949, vingt-sept ans après la première fois, il trouve la galerie du Combel, avec ses bauges d’ours dans l’argile, ses ossements d’ours et de hyène, et un ensemble de peintures parmi les plus anciennes du site : points, chevaux, un félin, des cervidés. C’est aujourd’hui la deuxième station de la visite.
1952 et après : classement, datations, quota
Le classement monument historique arrive en 1952. Puis vient la longue étude de Michel Lorblanchet, qui reste la référence sur les parois du Pech Merle : il a inventorié les quelque 700 motifs, décrit les techniques (manganèse, oxyde de fer, crachis pour les mains négatives) et travaillé sur les datations. Les chevaux ponctués ont été datés au radiocarbone d’environ 29 000 ans ; l’ensemble des peintures s’étale entre 29 000 et 16 000 ans, du Gravettien au Magdalénien.
La leçon de Lascaux, fermée en 1963 après des dégradations dues aux visiteurs, a été entendue ici : quota de 700 personnes par jour, groupes de 25, photos interdites. C’est la raison de la réservation obligatoire, et c’est aussi ce qui fait qu’on regarde encore les peintures de 1922 et non une copie.
Si l’histoire de la découverte vous intéresse, prenez le créneau du matin et gardez trois quarts d’heure pour le musée après la grotte, quand les noms de Lemozi et de Lorblanchet disent quelque chose.
Questions fréquentes
Qui a découvert la grotte du Pech Merle ?
Trois adolescents de Cabrerets en 1922 : André David, Henri Dutertre et Marthe David, guidés par les conseils de l’abbé Amédée Lemozi. La galerie du Combel a été trouvée plus tard par André David, en 1949. Voir aussi le musée Amédée Lemozi.
Quand la grotte a-t-elle ouvert au public ?
En 1926, par un puits artificiel creusé pour préserver l’entrée d’origine. Elle est classée monument historique depuis 1952. Aujourd’hui la visite est guidée et se réserve à l’avance.
De quand datent les peintures ?
Entre 29 000 et 16 000 ans pour l’ensemble. Le panneau des chevaux ponctués a été daté au radiocarbone d’environ 29 000 ans. Le détail par station est dans que voir dans la grotte.